Thales et cybersécurité : pourquoi le “zero trust” devient un standard de fait

Par Emric HERMANN

La montée des attaques et l’éclatement des périmètres rendent la cybersécurité plus complexe et plus visible pour les directions. Les organisations françaises confrontées au cloud, au télétravail et aux prestataires doivent réévaluer la gestion des accès et la protection des données.

Le concept de zero trust impose de ne plus présumer de la confiance et de vérifier chaque accès de façon continue. Je dresse ci-dessous les points essentiels à retenir pour guider l’action.

A retenir :

  • Réduction des droits et segmentation stricte des environnements internes
  • Authentification renforcée et vérification continue des identités utilisateur
  • Supervision permanente et journalisation centralisée des accès utilisateur
  • Gouvernance claire, pilotage des risques, responsabilisation des métiers

Thales et gouvernance Zero Trust : piloter la sécurité informatique

Sur la base des priorités listées, la gouvernance apparaît comme l’axe prioritaire d’un programme zero trust crédible et durable. Cette gouvernance doit aligner budgets, achats et responsabilités pour rendre la sécurité informatique actionnable au quotidien.

Selon l’ANSSI, la résilience organisationnelle exige une gouvernance visible au sommet et des exercices réguliers de gestion de crise. Ce pilotage impose de traiter le facteur humain, que j’aborde ensuite.

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Alignement des règles d’accès avec les usages réels

Ce point se rattache directement à la gouvernance car il conditionne l’efficacité des politiques Zero Trust déployées. L’alignement exige une cartographie précise des accès, incluant prestataires et télétravail, et des revues de droits périodiques.

Selon Verizon, la mise en œuvre du moindre privilège réduit significativement la surface d’attaque exploitée lors d’une compromission initiale. La preuve opérationnelle passe par la traçabilité et la capacité d’enquête.

Mesures opérationnelles clés :

  • Cartographie des accès et des ressources critiques
  • Revue périodique des droits et révocation automatisée
  • Politiques conditionnelles adaptatives selon risque et contexte
  • Journalisation centralisée et capacité d’investigation

Indicateur Valeur Source
Part des violations impliquant un élément humain près de 60 % Verizon DBIR 2025
Évolution des cyberattaques en France (2025) +20 % ANSSI bulletin 2025
Demandes d’assistance recensées plus de 50 000 Cybermalveillance.gouv.fr 2025
Part des violations liées aux identifiants compromis 24 % Verizon DBIR 2025

Preuve et traçabilité pour le COMEX

Ce point complète l’alignement car il transforme les mesures techniques en éléments de contrôle pour les dirigeants. Les conseils d’administration demandent des indicateurs clairs et des preuves d’exécution sur la gestion des accès et la détection.

Selon l’AMF, les sociétés cotées doivent intégrer la cybersécurité dans la gouvernance et évaluer le risque humain, ce qui renforce la demande de reporting et d’exercices réguliers. La préparation du COMEX aux incidents devient un impératif.

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« J’ai constaté que sans tableaux de bord exploitables, les décisions restent théoriques et inefficaces. »

Alice D.

Facteur humain et ingénierie sociale : limiter les comportements à risque

Parce que la gouvernance structure le cadre, le travail sur l’humain devient la clé pour réduire les impacts réels des attaques. L’ingénierie sociale exploite la fatigue, l’urgence fabriquée et la confusion pour contourner des contrôles techniques.

Selon Cybermalveillance.gouv.fr, la part croissante des signalements liée à l’ingénierie sociale montre que la sensibilisation reste un levier décisif pour la protection des données. Une campagne unique ne suffit pas.

Formation pratique et exercices de simulation

Ce volet s’inscrit sous la bannière humaine du zero trust et vise à créer des réflexes opérationnels durables. Les formations doivent être courtes, fréquentes et contextualisées selon les métiers et les risques réels.

Selon Verizon, presque 60 % des violations impliquent un élément humain, ce qui légitime les exercices de phishing et les simulations comme preuve d’efficacité. Ces actions mesurent le comportement réel des équipes.

Contenus pédagogiques ciblés :

  • Scénarios métiers contextualisés et simulations régulières
  • Guides pratiques sur authentification et gestion des accès
  • Procédures simples pour signalement et blocage rapide
  • Sessions de management sur arbitrage sécurité-business
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« J’ai cliqué une fois sur un lien trompeur, puis l’équipe IT m’a aidé à contenir l’incident. »

Marc L.

Mesures organisationnelles pour réduire la manipulation

Cette rubrique complète les formations en proposant des garde-fous organisationnels qui limitent la réussite des attaques sociales. Elles incluent des règles de validation, des signatures multiples et des parcours d’escalade simples.

La gouvernance doit formaliser ces règles et mesurer leur application, afin d’éviter que la confiance devienne un vecteur d’attaque. Le passage technique s’oriente alors vers l’expérience utilisateur et l’adhésion.

« La politique sans accompagnement humain reste lettre morte face aux menaces cyber. »

Emma P.

Architecture technique Zero Trust : authentification, segmentation et réseaux sécurisés

Après avoir traité la gouvernance et le facteur humain, l’architecture technique adresse les contrôles qui limitent la latéralisation des attaques. La mise en œuvre combine authentification forte, segmentation réseau et supervision continue pour protéger les perimètres mouvants.

Selon plusieurs retours terrain, l’achat d’outils sans conduite du changement crée des coûts sans baisse significative du risque. L’équilibre entre sécurité et praticité reste le défi opérationnel.

Authentification renforcée et gestion des accès

Ce point détaille l’axe technique fondamental du zero trust pour contrôler qui accède à quoi et quand. L’authentification multifacteur, la biométrie et les certificats réduisent le nombre d’accès frauduleux liés aux identifiants compromis.

Des solutions sans mot de passe et des politiques conditionnelles permettent d’ajuster les exigences selon contexte et risque, tout en limitant les frictions pour les utilisateurs.

Outils recommandés :

  • Authentification multifacteur adaptée aux cas d’usage
  • Gestion centralisée des identités et des privilèges
  • Revues automatisées des droits et des comptes inactifs
  • Intégration des prestataires dans les politiques d’accès

Fonction Bénéfice Exemple
Authentification forte Réduction des accès frauduleux MFA, certificats
Segmentation réseau Limitation de la latéralisation VLAN, micro-segmentation
Supervision continue Détection précoce des anomalies SIEM, UEBA
Gestion des accès Réduction des privilèges persistants IAM, PAM

« L’outil seul n’a pas suffi, la conduite du changement a fait la différence. »

Pauline R.

Source : Verizon, « Data Breach Investigations Report 2025 », Verizon, 2025 ; ANSSI, « Rapport annuel », ANSSI, 2025 ; Cybermalveillance.gouv.fr, « Bilan 2025 », Cybermalveillance.gouv.fr, 2025.

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